DMDM – Juillet ♫

Déjà l’été, déjà le mois de juillet et je reviens avec une super découverte musicale très punchy pour ce mois-ci ! Sans plus attendre je vous laisse découvrir ce groupe que j’ai rencontré lors du festival Rio Loco…

« Un cri du cœur de Madagascar »


CI - TDB

Selon la légende, les deux frères d’origine malgache, Eddy et Mahefa, se sont lancés dans la musique il y a 6 ans, par hasard un beau matin (environ à 7h) en écoutant Jacqueline Taïeb dans leur maison à Madagascar. Eddy a alors proposé à son frère : « Et si on montait un groupe ? ». Ni une, ni deux, sans formation musicale de base, ils sont partis emprunter du matériel par-ci par-là et on commencé à jouer et à apprendre sur le tas.

Élevés à la chanson française par leur père (Nino Ferrer, Serge Gainsbourg ou Jacques Dutronc), ils s’imprègnent d’influences plus rock en grandissant avec The Sonics, The Stooges ou les Ramones, par exemple. Le rock n’étant pas à la mode à Madagascar et leurs textes considérés comme trop revendicateurs, ils sont censurés dans leur pays et ne jouent que dans des petits bars sans trop se faire remarquer.  Pourtant, à chacun de leur concert, le groupe dégage une énergie punk débordante et communicative. De vraies bêtes de scène, les Dizzy Brains offrent des concerts mémorables qui font sensation !

Nés dans un des pays les plus pauvre et corrompu de la planète, ces derniers insistent sur le fait que leurs morceaux racontent des choses qu’ils ont vécus. Entre corruption, pauvreté et violence, leurs chansons chantées en malgache, ont trouvé leur place auprès du public français, marocain et même coréen. Les Dizzy Brains se sont fait connaitre aux Trans Musicales de Rennes en 2015 et depuis, leur rock ravageur fait fureur dans l’hexagone. Ici, le rock est apprécié et leurs prestations encore plus ! Nous ne leur souhaitons que bonne chance pour la suite…

Dizzy

Les Dizzy Brains au Rio Loco

Une DMDM un peu spéciale ce mois-ci car j’ai eu la chance de rencontrer et d’interviewer le chanteur du groupe, Eddy, il nous parle ici avec son cœur.

Voici l’interview :

Depuis les Trans musicales de Rennes, la presse commence à vous connaître et parler beaucoup de vous, comment arrivez-vous à gérer cette nouvelle notoriété ?

« C’est vrai que depuis les Trans Musicales de Rennes on commence à parler de nous un peu partout, ce fût vraiment un festival tremplin pour nous. Comment on vit cette notoriété après les Trans? On ne le prends comme tel en fait, dans nos têtes on reste toujours ces Dizzy dans notre pays, je dirai qu’on le vit bien parce qu’on sait d’où on vient et qu’il faut toujours rester reconnaissant de cette source qu’on a eu, d’où l’habitude d’avoir toujours les pieds sur terre et la tête sur les épaules. »

Depuis quand vivez-vous en France ? Comptez-vous retourner à Madagascar ?

« On est France depuis l’année dernière, grâce à notre première tournée mais n’empêche qu’on fait la navette entre Madagascar et la France. La France nous a en quelque sorte adoptée mais notre cœur reste quand même à Madagascar du coup depuis on fait le va et vient après chaque tournée. »

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué à votre arrivée en France ?

« Ce qui nous a le plus marqué à notre arrivé en France je dirai en premier lieu que c’est le public français, en arrivant ici direct on a joué devant des français (en majorité) donc on a vu qu’il y avait une grande différence par rapport à chez nous, à Madagascar. Ici le public sait à quoi il s’attend, il sait a peu près à quoi ça va ressembler parce qu’ici vous avez eu une certaine édiction nécessaire à la musique, donc au fond il y a un amour pour ça. Chez nous on est trop en retard face à l’éducation culturelle, donc toujours en découverte face à une chose qui lui est totalement méconnaissable, du coup ça prend du temps (voire jamais), ils vont aimer à défaut de cette éducation incomplète. »

Conquérir un nouveau pays est-ce une de vos prochaines étapes ? Si oui, lequel vous attire ?

« On a eu la chance l’année dernière de jouer dans différent pays, comme la Corée du Sud et Maroc. Cette année, au début de la tournée on a joué au Pays de Galles, qui aussi est un berceau du rock incontesté. Ces pays, pour nous, on tous été des pays où on a pu jouer des concerts mémorables avec toujours un public en feu, même au Maroc qu’on croyait être un pays comme Mada pas du tout dans le mouvement rock. Prochainement on va jouer au Canada, qui pour nous est un pays de référence aussi côté musique mais cette année on voudrait bien au Japon, ou l’année prochaine. C’est un rêve. »

Pourquoi « Out Of The Cage » ? Y-a-t-il un message à faire passer à travers cet album ?

« Le titre de l’album n’a pas été choisi par hasard, c’est un morceau dans l’album qu’on a composé ensemble pour en quelque sorte marquer notre sortie de Madagascar. C’est notre pays, on le garde dans le cœur et on l’aime d’un amour inconditionnel. Depuis tout petit on y vivait, sans jamais avoir eu l’occasion de sortir, mais avec le temps quand on a acquis de la conscience on voulait s’y évader. En voyant tout ce qui se passe dans ta maison, tout le bordel qu’il y a, tu n’as pas d’autre choix que de rêver mieux, et à un certain moment tu sens que tu deviens prisonnier, dans l’incapacité à faire face à un système pourri jusqu’à la moelle. Du coup on a eu envie de nous évader, de nous enfuir pour mieux exister. Et on en est sorti. D’où le morceau ‘Out Of The Cage’. Le message c’est de faire comprendre aux gens qu’ils sont maîtres de leur destin, que le destin ça se construit et ça se cherche, et qu’il ne faut pas rester là à subir ce qu’on te donne »

Cette énergie punk que vous dégagez sur scène déchaîne les foules. Est-ce c’est un moyen pour vous de dénoncer au monde entier les injustices qui se produisent à Madagascar pour que les choses changent ?

« Pour nous c’est avant tout un moyen de se libérer, de partager notre colère, notre rage pour que les gens comprennent vraiment ce qui se passe dans notre pays. Après c’est pour prendre le flambeau de représentant de Madagascar en divulguant tout ce qui se passe, en annonçant les maux du pays, et être en quelque sorte des porte-paroles des malgaches. De ces malgaches qui n’ont pas le droit à la parole, de ces malgaches qui meurent de faim, de ces malgaches qui rêvent de liberté. Nous on a eu le privilège d’avoir pu remédier à tout ça en sortant de Mada, et jusqu’au bout on servira notre pays pour qu’un jour ça soit un pays libre dans tous les sens. Si on dit qu’on est des punks parce qu’on voit qu’on veut que du bien, que du constructif, alors oui on l’est. On a jamais été des opposants, mais des résistants oui, on l’est. »

Vous avez maintenant dépassé les 15 000 likes sur facebook. Votre fanbase s’agrandit de jour en jour, avez-vous quelque chose à leur dire ?

« C’est vrai que c’est important qu’un bon nombre de monde nous suive et prenne contact avec nous à peu près tous les jours. Ça fait chaud au cœur et on se dit qu’au moins on nous écoute et qu’on nous comprend. La seule chose qu’on puisse dire, aux malgaches avant tout c’est que l’espoir n’est pas mort, on peut toujours espérer mieux et que derrière une ombre se cache une lumière, mais qu’il faut se battre pour la trouver. C’est de ça que les malgaches ont besoin, qu’on leur dise qu’il y a encore de l’espoir, qu’on les fouette un peu pour enfin sortir du fatalisme qu’il y a tous les jours. Et pour le reste du monde, que ce soit français, anglais, coréen,… du moment que c’est pas des malgaches, sachez que Madagascar c’est un pays qui souffre, que c’est un pays où tous les compteurs sont dans le rouge, que c’est un pays qui se bat à 1000 à l’heure tous les jours pour remplir sa gamelle le soir, que c’est pas un dessin animé, qu’on a besoin de vous pour s’en sortir, que toutes les aides sont les bienvenues, parce qu’à nous Dizzy tout seul on y arrivera jamais, on a besoin de vous. »

 

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Je remercie encore une fois Eddy pour cette interview émouvante et engagée envers son pays. J’espère que pour ceux qui ne le savais pas, vous pourrez prendre conscience des conditions de vie à Madagascar à travers cet article. Et je vous laisse en musique avec quelques morceaux à écouter ici :

Vangy : clip officiel avec paroles et traduction en français

Les Cactus : reprise de Jacques Dutronc

Anao Inona : Clip officiel

Live à Saint Leu, La Réunion, le 12 mars 2017

 

THE DIZZY BRAINS @LIBERTALIA

Keep Listening 

& Enjoy my blog! 

xoxo

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